« Heydrich et la solution finale » Edouard Husson

Heydrich et la solution finale : résumé du livre d’Edouard Husson

Couverture du livre Heydrich et la solution finale d'Edouard Husson
Couvertures du livre d’Edouard Husson
« Heydrich et la solution finale »

Edouard Husson analyse ici le rôle, tragiquement décisif, du SS-Obergruppenführer Heydrich dans la genèse et l’orchestration du génocide.

Il retrace d’abord les prémices des persécutions, puis les projets de déportation à l’étranger. Il décrit ensuite les premiers massacres en Pologne, avant d’aborder la création des camps d’anéantissement. Ainsi, à travers l’action du « ministre de la Terreur » du IIIe Reich, l’auteur révèle l’engrenage qui mènera à la Shoah.

Par ailleurs, cette nouvelle édition ajoute des chapitres inédits sur la période 1933-1939. Elle retrace donc la « solution finale » depuis ses origines, et élargit encore la portée de cet ouvrage. À sa parution, les critiques avaient déjà salué son caractère rigoureux et novateur.

Edouard Husson, historien spécialiste du nazisme

Édouard Husson est un historien français. Il sort diplômé de l’École normale supérieure en 1988, puis obtient l’agrégation d’histoire en 1992. Il décroche ensuite un doctorat en histoire contemporaine à l’Université Paris IV en 1998.

Spécialiste de l’Allemagne et de la période nazie, il occupe d’abord un poste d’assistant au centre d’études germaniques de l’université Robert Schuman à Strasbourg. De 1998 à 2001, il devient chercheur à l’Institut für Zeitgeschichte de Munich. Puis, de 2001 à 2009, il enseigne comme maître de conférences à Paris-IV Sorbonne.

De 2009 à 2018, il occupe un poste de professeur d’histoire contemporaine et d’analyse des relations internationales à l’université de Picardie. Depuis septembre 2018, il enseigne à l’université de Cergy-Pontoise, où il dirige l’Institut franco-allemand d’études européennes.

Son parcours compte aussi plusieurs responsabilités institutionnelles : vice-chancelier des universités de Paris en 2010, puis directeur de l’ESCP Europe à partir de 2012 jusqu’en 2014. De 2015 à 2018, il est également vice-président de l’université de recherche Paris-Sciences-et-Lettres (PSL). Enfin, il rejoint le conseil d’administration de l’ISSEP en décembre 2018.

Ses premiers travaux portent sur les interprétations du nazisme. Il publie d’ailleurs l’ouvrage « Comprendre Hitler et la Shoah » en 2000.

Edouard Husson, historien auteur du livre Heydrich et la solution finale
Edouard Husson

Pourquoi je vous conseille ce livre ?

La seconde guerre mondiale me passionne, et j’en explore tous les aspects : les batailles, les combats, l’armement, l’aviation. Mais je m’intéresse aussi à des sujets plus spécifiques comme la Résistance ou la Shoah.

Ce livre montre d’abord la mise en place progressive de cette organisation. Il montre ensuite comment les protagonistes se comprenaient sans même écrire leurs ordres, lors de simples réunions ou entretiens.

Voici les grandes étapes que retrace l’ouvrage :

  • Le Reichsführer-SS Heinrich Himmler confie d’abord le dossier à Heydrich, sur ordre du Reichsmarschall Hermann Göring.
  • Les nazis abandonnent ensuite l’option « déportation à Madagascar » au profit de l’élimination à grande échelle.
  • Ils doivent enfin composer avec la lenteur de la conquête à l’Est et avec des rivalités internes.

Le livre démontre également un point clé : la conférence du 20 janvier 1942 à Wannsee n’a pas décidé de la « solution finale ». Elle a plutôt permis aux différents rouages de s’accorder sur une mécanique plus efficace. C’est d’ailleurs lors de cette réunion que deux hommes imposent leur pouvoir : le SS-Obergruppenführer Heydrich et le SS-Obersturmbannführer Eichmann.

« La Conférence » (2023) & « Conspiracy » (2001) : deux adaptations de la conférence de Wannsee

Pour compléter cette lecture, je vous conseille un film sorti mi-avril : « La Conférence » de Matti Geschonneck. Il présente la conférence de Wannsee et dure aussi longtemps que la vraie réunion. L’adaptation se base d’ailleurs sur le procès-verbal rédigé par Eichmann * : 1h48 pour décider du sort de 11 millions de personnes.

Affiche du film La Conférence (2023) sur la conférence de Wannsee
« La conférence » – 2023

Je n’avais pas encore vu ce film au moment de la rédaction initiale. J’avais en revanche déjà regardé une version plus ancienne, « Conspiracy » (« La conspiration » en français), réalisée par Frank Pierson en 2001. Ce film montre, sur la même base historique, les jeux de pouvoir entre la SS et les ministères.

Affiche du film Conspiracy (2001), adaptation de la conférence de Wannsee
« Conspiracy » – 2001


J’ai aussi pu voir qu’une autre version allemande précédente datait de 1984 :

Ne pratiquant pas la langue de Goethe je ne l’ai pas regardé.

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Tout commentaire ne respectant pas les règles sera supprimé.
Il ne s’agit ici que d’Histoire.


Mise à jour le 21/11/2023

J’ai depuis vu le film « La Conférence ». Il diffère peu de « Conspiracy » : une secrétaire assiste par exemple Eichmann au lieu d’un secrétaire, et elle prend ses notes à la main plutôt que sur des rouleaux. Les deux films montrent cependant aussi bien les rivalités, et la main de fer d’Heydrich y reste tout aussi froide et tranchante.

J’ai regardé « La Conférence » en VOST, ce qui pose davantage l’ambiance. Je ne préfère finalement aucun des deux films, et je vous les conseille tous les deux : chacun met en lumière certains détails à sa façon.

* : Eichmann avait fait rédiger 30 exemplaires du procès-verbal (le fameux « protocole de Wannsee »), qu’il a lui-même édulcoré dans son vocabulaire (euphémismes du type « évacuation », « traitement spécial ») avant diffusion aux différents ministères et administrations participants.
La plupart de ces copies ont effectivement été détruites par la suite, notamment sur ordre d’Eichmann lui-même en 1945 pour effacer les traces.
Mais une seule copie a survécu : l’exemplaire n°16, retrouvé en 1947 par le procureur américain Robert Kempner dans les archives du ministère des Affaires étrangères allemand (Auswärtiges Amt), lors de la préparation des procès de Nuremberg.